Chariot élévateur : réglementation et sécurité

sécurité chariot élévateur

Pour des raisons de sécurité, une réglementation stricte encadre l’utilisation de chariots élévateurs dans le cadre professionnel. Les appareils de manutention doivent respecter des normes de fabrication et être conformes à la Directive 2006/42/CE. Dans leur utilisation quotidienne, les chariots nécessitent de faire l’objet d’un entretien soigné.

Plusieurs contrôles obligatoires sont ainsi à mettre en place afin de garantir la sécurité des machines, avec des contrôles quotidiens à l’embauche et des contrôles systématiques avant utilisation du chariot. L’arrêté du 1er mars 2004 stipule que les engins de manutention doivent être contrôlés tous les six mois.

Cette Vérification Générale Périodique (ou VGP), réalisée par un organisme agréé, permet de s’assurer que le matériel est en parfait état de marche. Par ailleurs, des règles de sécurité et de prévention des risques sont à recommander pour les conducteurs de chariot. Dans le monde de l’entreprise, trois risques majeurs touchent les appareils de levage : le heurt de piétons, le renversement latéral du chariot et son basculement avant.

Pour éviter tout danger, plusieurs mesures sont à mettre en œuvre. Les chariots doivent être ergonomiques, avec une cabine spacieuse et une visibilité optimale. Les engins gagnent à être équipés de feux de recul et d’avertisseur sonore. On limitera également la hauteur des palettes à 1,80 mètre. Les risques d’accident sont généralement liés aux vibrations du chariot. Pour les réduire, il est bon de vérifier l’état des roues et de privilégier les sols lisses.

La prévention des risques

risque conduite chariot élévateur

La conduite d’un chariot élévateur comporte deux types de risques majeurs : les accidents liés à la manipulation du chariot et les troubles musculo-squelettiques (ou TMS) chez les caristes. Certaines mesures préventives sont à mettre en œuvre afin de réduire ces différents risques.

Les accidents peuvent intervenir en cas de chute depuis un quai ou une rampe. Il est possible de les éviter en installant des barrières de sécurité et en dégageant les entrepôts pour faciliter la circulation. Un basculement vers l’avent du chariot peut également survenir.

Des dispositifs de sécurité, comme un contrôle de l’inclinaison du mât ou une signalétique identifiant les paliers de chute de capacité, sont à recommander. En entrepôt, les heurts de piétons peuvent être prévenus grâce à la mise en place d’un plan de circulation, une signalisation des voies de circulation et une visibilité accrue aux intersections.

Pour que les conducteurs ne souffrent pas de troubles musculo-squelettiques, des mesures de prévention sont à envisager. Un chariot ergonomique est un élément majeur dans ce domaine. Il doit être possible d’effectuer sans efforts tous les mouvements.

Pour éviter les douleurs, il est indispensable de limiter la manutention manuelle à 15 kilos et la hauteur des palettes à 1,80 mètre. Les vibrations sont une cause majeure de TMS : un sol lisse, une vitesse de 6 km/h et des roues en parfait état permettent de les réduire. Enfin, une cabine spacieuse offrant une bonne position de conduite et une visibilité complète est à recommander.

La législation en vigueur

règle de sécurité chariuot elevateur

La conduite de chariot élévateur dans le cadre professionnel est soumise à une législation stricte. Différents règlements se doivent d’être respectés. Il est possible de les diviser en deux catégories, avec d’une part les diverses procédures de vérification légales à mettre en œuvre, et d’autres parts les règlements concernant tant l’entretien que la conduite du chariot.

Le cadre législatif entourant l’usage de chariot élévateur comprend une série de contrôles, essentiellement pour des raisons de sécurité. L’article 5 de l’arrêté du 1er mars 2004 stipule qu’un examen d’adéquation doit être réalisé avant chaque mission. Ce contrôle, à la charge de l’employeur, permet de garantir que le type de chariot utilisé permet d’assurer l’ensemble des tâches demandées en toute sécurité. Chaque jour, un contrôle exhaustif de l’état général de l’appareil doit être réalisé à la prise de poste par le conducteur.

Depuis le 1er avril 2005, que ce soit pour un chariot d'occasion ou un engin neuf, l’ensemble des opérations effectuées avec un chariot doit être consigné dans un carnet de maintenance. Celui-ci doit être mis à la disposition de l’inspection du travail en cas de contrôle. Par ailleurs, une vérification générale périodique (VGP) doit être faite tous les six mois pour chaque chariot élévateur, comme stipulé dans l’arrêté du 1er mars 2004.

D’autres obligations légales concernent la conduite et l’entretien des engins élévateurs en entreprise. En premier lieu, le chef d’établissement doit délivrer une autorisation de conduite à chaque cariste. Pour cela, les conducteurs doivent fournir un examen médical et justifier de leurs connaissances tant théoriques que pratiques. Une assurance responsabilité civile (RC) et dommages doit également être souscrite pour utiliser un chariot élévateur en entrepôt. Depuis le 1er mai 2011, les engins ont l’obligation d’utiliser du gazole non routier (GNR).

Seul ce carburant est autorisé afin de réduire les émissions polluantes, comme détaillé dans l’article 7 de l’arrêté du 10 décembre 2010. Enfin, la législation en vigueur réclame de regrouper les batteries pour chariot dans un local unique, ventilé et sécurisé, pour éviter tout risque d’incendie.

La responsabilité en cas d’accident

accident chariot élévateur

De nombreux accidents peuvent survenir suite à l’utilisation d’un chariot élévateur. Selon les cas, les responsabilités peuvent échoir alors à l’entreprise, au conducteur ou bien conjointement à la société et au cariste. Tous les accidents causés par un défaut dans l’organisation du travail (manque d’entretien ou vétusté du chariot, contraintes de production, mauvaise attribution des tâches pour les conducteurs ou formation lacunaire des caristes) sont imputables uniquement à l’entreprise.

C’est également le cas pour les accidents survenant en raison d’un mauvais aménagement de la zone de manœuvre des chariots. Cela peut comprendre des allées trop étroites, des accès occupés ou un revêtement au sol inadapté.

Les conducteurs sont quant à eux considérés comme responsables pour les accidents causés par des comportements à risques (conduite dangereuse dans les virages, défaut du contrôle d’entretien) ou une prise de charge inadaptée à l’appareil. Enfin, il est des cas de figure où l’entreprise et le conducteur sont tous deux responsables. Cela concerne essentiellement les accidents engendrés par des défauts mécaniques (freins, direction, etc.), un manque d’entretien du chariot ou une absence des contrôles obligatoires.

Les accessoires de sécurité

accessoires chariot elevateur

Parce que la sécurité est essentielle tant pour le cariste que pour les personnes évoluant à proximité, il est bien souvent utile et nécessaire d’investir dans certains accessoires de sécurité pour votre ou vos chariot(s) élévateur(s) :

Le gilet de sécurité : le gilet, orange ou jaune fluo et à bandes réfléchissantes, permet au cariste d’être parfaitement visible lorsqu’il manipule l’engin ou qu’il circule dans les entrepôts.

Les feux bleus : fixés sur l’engin, ils projettent une lumière bleue sur le sol à l’avant ou à l’arrière lors de ses déplacements afin de le rendre plus visible.

Le gyrophare : il est placé au niveau des yeux, contrairement aux feux bleus qui projettent leur lumière vers le sol, et permettent à toutes les personnes présentes sur la zone de voir qu’un chariot est en approche. Sa lumière projetée et bien visible en fait un signal d’alerte idéal dans les espaces larges comme confinés.

Les bonbonnes de gaz légères : plus légères et plus sécurisées que les bonbonnes traditionnelles, elles réduisent la pénibilité et les risques de blessures lors de leur manipulation.

Les sacs de siège : ils se fixent sur le siège pour permettre au cariste d’avoir son matériel à portée tout en libérant ses mains pour la conduite. Ils comportent des poches à l’arrière pouvant contenir des outils et petit matériaux, un téléphone, de l’eau, etc.

Les alarmes de recul : idéales pour avertir en toute sécurité d’un chariot élévateur recule grâce à leur bip sonore.

Les feux à LED : ces grosses lampes plates ont un dos aimanté leur permettant d’être posées n’importe où ou presque sur le chariot élévateur. Le cariste peut aisément les allumer, en appuyant sur un bouton, afin de créer aussitôt un signal d’alerte.

La plaque de charge d’un chariot élévateur

Lorsqu’un opérateur manutentionne une charge en sécurité avec un chariot élévateur, il se doit de connaître la capacité de l’engin. La plaque de charge indique la capacité de levage maximale du chariot (avec mât entièrement déployé) tenant compte du centre de gravité pour une configuration donnée, appelée « capacité résiduelle ». Elle correspond à la charge pouvant être soulevée par le chariot avec équipement. Cette plaque de charge doit être lisible depuis le poste de conduite de tout chariot élévateur.

Il est important de savoir comment calculer une plaque de charge d’un chariot élévateur. Le CDG (centre de gravité) correspond à la moitié de la longueur de la charge et s’exprime en millimètres.

A titre d’exemple, un chariot élévateur ayant une capacité nominale de 2 tonnes à 600 mm peut soulever une charge de 2 tonnes mesurant 1,20 mètre de long sans risque.

Certains éléments peuvent impacter l’engin et modifier sa capacité de charge :

  • Les équipements et accessoires ajoutés ;
  • L’augmentation de la hauteur de levage ;
  • L’augmentation de la longueur de la charge ;
  • Une variation du centre de gravité.

Lorsque l’un de ces éléments change, il faut vérifier l’exactitude de la plaque de charge et il peut être alors nécessaire de la changer, notamment en cas de modification des configurations du chariot ou des conditions de manutention. Dans ce cas, rapprochez-vous du distributeur agréé par le constructeur.

L’entretien d'un engin de manutention

entretien chariot elevateur

Pour des raisons de sécurité, un entretien constant doit être réalisé sur les chariots élévateurs. Il s’agit à la fois de garantir la fiabilité des engins dans l’exercice quotidien des tâches et d’assurer la sécurité des personnes travaillant sur les quais ou en entrepôt, conducteurs comme piétons. Plusieurs types de contrôles d’entretien doivent ainsi être réalisés afin que les engins demeurent à tout moment en parfait état d’utilisation.

De manière générale, on distingue trois types de contrôles d’entretien : les contrôles quotidiens à l’embauche, les contrôles systématiques avant utilisation du chariot et les suivis d’entretien périodiques en fonction du nombre d’heures de conduite de l’appareil.

Par ailleurs, chaque conducteur se doit d’être au fait de l’importance et des conditions de réalisation de ces contrôles d’entretien : il s’agit de l’une des connaissances à acquérir obligatoirement avant de se voir délivrer une autorisation de conduite.

Les contrôles quotidiens consistent à vérifier, chaque matin, plusieurs points relatifs à l’état du chariot. Cela concerne la propreté de l’engin, la liberté de manœuvre autour de ce dernier, la présence de l’extincteur obligatoire, la vérification des niveaux et des batteries et l’état des principaux éléments (mât de levée, fourches, avertisseurs sonores, feux).

Avant toute utilisation, un autre contrôle d’entretien doit être réalisé par le cariste. Il s’agit cette fois de s’assurer que les freins fonctionnent, que la ceinture de sécurité est en bon état, que l’embrayage et la direction sont en état de marche et que les indicateurs du tableau de bord fonctionnent également.

Le cariste doit en outre être certain que les organes du mât ne sont pas défectueux, afin de permettre levée, descente et inclinaisons avant comme arrière sans problème. Pour tout chariot, un carnet d’entretien fixe des règles de sécurité à respecter. Des entretiens périodiques permettent de garantir, à intervalles réguliers (toutes les 50, les 200 ou les 1000 heures selon les pièces), que chaque organe du chariot est en parfait état de fonctionnement.

Les batteries des chariots élévateurs : l’intérêt de la régénération

batterie chariot élévateur

Pour fonctionner, les chariots élévateurs électriques sont équipés d’une batterie de traction généralement en alliage de plomb. Cette pièce essentielle participe à la propulsion de l’engin et sert de réserve énergétique. Il en existe plusieurs types, pour des capacités variant dans l’idéal entre 12v, 24v et 48v. Les plus présentes sur le marché sont les batteries de marque Fulmen, en lithium et acide.

La régénération est un procédé intéressant, notamment pour pallier le prix de la batterie d'un chariot élévateur électrique qui est relativement élevé. Les batteries régénérées coûtent en effet près de 70 % moins cher qu’une batterie de remplacement.

Ce processus économique et écologique s’emploie à la réparation de batteries afin de limiter la multiplication des déchets, le traitement de ce type de produit étant à la fois complexe et coûteux. La régénération est ainsi le meilleur moyen d’obtenir une batterie pour chariot élévateur électrique fiable et à moindre coût.

La régénération des batteries présente de nombreux avantages économiques et écologiques :

⇒ Les coûts sont considérablement plus faibles que lors d’un remplacement.

⇒ Les frais d’entretiens sont réduits.

⇒ La durée de vie des batteries est prolongée.

⇒ La production de déchets est fortement limitée.

⇒ Les émissions de CO2 sont considérablement réduites.

⇒ Les capacités et les cycles de charge et décharge sont proches d’une batterie neuve.

Les chargeurs de batteries

chargeur de batterie chariot élévateur

Il existe un large panel de chargeurs de batterie pour chariots élévateurs sur le marché. Comme son nom l’indique, le chargeur recharge les batteries de traction présentes sur les engins. On distingue les chargeurs de batterie de traction monophasés et triphasés :

⇒ Le chargeur de batterie monophasé convient aux batteries de traction entre 24 et 48 V.

⇒ Le chargeur de batterie triphasé convient aux batteries de traction entre 48 et 80 V.

Pour savoir quel chargeur choisir, référez-vous à la puissance de votre batterie et à son type. De plus, optez pour le mode de charge qui répond à vos besoins.

► La charge traditionnelle : une fois votre batterie chargée, la charge doit être coupée manuellement afin de ne pas détériorer la batterie. Elle nécessite donc une surveillance.

► La charge automatique : elle s’arrête automatiquement, donc elle ne nécessite pas de surveillance et elle ne risque pas de détériorer la batterie.

► La charge floating : elle charge la batterie au maximum et continue de la maintenir à niveau une fois chargée.

► La charge pleine : elle charge pleinement la batterie et la maintient à 100 %. Elle garantit ainsi la meilleure charge.

► La charge rapide : ce type de charge est jusqu’à 50 % plus rapide qu’une charge traditionnelle.

Comment utiliser votre chargeur de batterie ?

Pour charger efficacement votre batterie sans l’altérer, la charge électrique nominale doit correspondre à 10 % près à celle de la batterie en cours de charge. Ne chargez pas une batterie trop chaude ou trop froide, attendez qu’elle revienne à température ambiante.

Le chargeur contient des cellules, contenant elles-mêmes des plaques. Ces plaques doivent être recouvertes d’eau distillée afin de permettre aux cellules de conserver leur capacité de tenir la charge. Chargez systématiquement votre batterie à bloc pour ne pas l’affaiblir, et dans un espace ventilé. Ne laissez jamais la batterie avec une faible charge.

Enfin, pour des questions de sécurité, assurez-vous régulièrement du bon état du chargeur et de ses câbles, et qu’il délivre la bonne tension.

Comment recharger, changer ou remplir une batterie ?

Le procédé est simple. Il suffit de la confier à une entreprise spécialisée équipée d’un régénérateur de batterie professionnel et d’un réparateur de batterie. Un processus de pulsations électriques à haute fréquence élimine la sulfatation et restaure les capacités de la batterie.

Cette démarche simple est réalisable sur une pièce usée ou dans le cadre de la maintenance annuelle. Une batterie d’occasion régénérée voit sa durée de vie considérablement augmentée et retrouve des cycles de charge et décharges proches d’une batterie neuve.

Certaines entreprises et enseignes se sont spécialisées dans l'activité de la régénération des batteries de chariots élévateurs comme notamment :

► Taurand

► SeenRGY

► REMS

► RC Energie

► Energic Plus

► Agence Régénération Services (A.R.S.)

► Jungheinrich

► Batterie Multi-Services (B.M.S.)